NAISSANCE


Chères lectrices et chers lecteurs,

je reviens vers vous pour vous parler (vous écrire serait plus exact) de "L'ANDALOUSE".

C'est ainsi que j'ai choisi de nommer mon blog, sans aucune arrière-pensée, puisque vous le savez maintenant, je suis née à Malaga, capitale de l'Andalousie.
Parmi les célébrités natives de cette belle cité portuaire, j'ai déjà nommé Picasso, Antonio Banderas. J'y ajoute aujourd'hui la piquante Victoria Abril qui va régulièrement se ressourcer dans la maison familiale.
Peut-être un jour mon nom viendra compléter la liste !

En attendant, je vais vous raconter...

Il était une fois, vers le milieu du siècle dernier, une famille pas vraiment pauvre, mais pas franchement fortunée non plus, qui vivait dans une pension de famille. La pension était gérée par Abuela, ma grand-mère paternelle, qui en fait gérait tout. La famille dont il est question ici se composait d'une Maman toute jeune, d'un Papa travailleur et d'une petite fille de trois ans. Or voilà qu'un jour, contre toute attente, la Maman tomba enceinte à nouveau. La grossesse se déroula dans des torrents de larmes, la Maman craignant les tourments de la première et se demandant, tout comme le Papa, comment ils pourraient subvenir aux besoins d'une famille qui s'agrandissait !

Puis vint le jour de la délivrance. A la toute fin de l'été, aux prémices de l'automne, au petit matin, j'atterrissai.
Gros bébé joufflu, sans l'ombre d'un poil quelconque : ni cheveux, ni sourcils, ni cils. Les parents pensèrent même avoir donné naissance à un enfant albinos ! Quelques mois plus tard, un système pileux des plus clairs se mit en place. Les années passant, il s'imposa de façon déterminée, mettant à mal l'image stéréotypée de l'Andalouse : à la cascade de boucles brunes descendant jusqu'aux reins, au teint mat et aux yeux de braises, j'opposai des yeux bleu glacier, une peau blanche presque translucide et des cheveux "baguettes chinoises", longtemps portés courts (Maman espèrait que les multiples coupes fortifieraient et assoupliraient mes petits poils de rat...).

Une drôle d'Andalouse était née !
NAISSANCE

# Posted on Monday, 14 July 2008 at 2:29 PM

Edited on Monday, 21 July 2008 at 1:19 PM

IRONIE




Ma robe balaie le chemin de mes pas. Et le pas à peine posé s'efface déjà.
Rien ne retient ma mémoire ; même l'oubli n'est plus qu'un souvenir que je ne reconnais plus.

J'avance, balancier des hanches drapées de velours. Vierge comme la toile, blanche comme la page, neuve comme le soleil du jour, j'ignore l'hier et l'ailleurs.

Peu importe que la mémoire s'emmêle, je fais mon chemin. Et si d'aventure l'avenir s'en mêle, je sais que les empreintes se comptent à rebours.

(tiré de "Secrets de Ménines", 2007)
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# Posted on Monday, 07 July 2008 at 5:05 PM

NOUVELLE IMAGE !

NOUVELLE IMAGE !
Bonsoir chers lecteurs !
Peut-être avez-vous été intrigués par la photo du blog "l'andalouse" ? Le pont vénitien correspondait à mon humeur au moment de la création du site : souvenir romantique d'un week end à Venise, un pont, jeté entre mon livre enfin édité et vous, lecteurs potentiels, comme une histoire d'amour à venir...

Et puis, l'Andalouse a repris le dessus. Je veux maintenant me faire connaître. Je vous offre donc en visuel la "plaza de toros" de Malaga, la Malagueta, qui conserve le souvenir de Paquirri, Luis Dominguin, El Cordobes...
La photo date des années 60, autant vous dire que l'environnement a bien changé. Mais ces arènes restent pour moi l'emblème de ma ville natale.

Mon grand-père paternel, José, que personnellement j'ai toujours appelé "Abuelo", était un aficionado.Je me souviens de vacances d'été où nous logions chez mes grands-parents, et où la télé n'avait pas encore investi le décor. Abuelo s'asseyait sur le petit balcon (qui Dieu merci à cette heure de l'après-midi était à l'ombre), son petit transistor collé à l'oreille. La radio retransmettait en direct les corridas, les plus cotées étaient celles qui se déroulaient en août, pendant la Feria . Quelquefois, Papa lui offrait une place (à l'ombre, les plus chères), et ils partaient tous les deux, heureux : Abuelo de voir la corrida, Papa de voir son père si content.

j'ai assisté parfois à ce spectacle grandiose : attention, je ne défends pas la tauromachie. Le spectacle dont je parle se déroule sur les gradins : c'est la foule, femmes magnifiques dans leur robe de gitane, hommes au sombrero sombre, les officiels avec leur large ceinture de satin, leurs épouses coiffées de mantille de dentelles
anciennes, et puis "la banda", la fanfarre qui joue au rythme des "olé". Et puis le ballet des éventails, de nacre ou de carton, le luxe ici c'est la fraîcheur.

Voilà, c'est ça la Malagueta.

# Posted on Tuesday, 24 June 2008 at 2:31 PM

Edited on Monday, 13 October 2008 at 1:03 PM

L'ETRANGER



Je vous ai vu ce soir errer dans
Les rues sombres, profondes comme
Des labyrinthes, et votre sourire
Qui cherchait la lumière s'est
Heurté aux maisons closes.
Déjà vous vouliez repartir, mais
Vos pas sont restés au creux d'une
Porte. Plus tard, je vous ai aperçu
Vers la fin de la ville, votre parfum
Capitonné s'est accroché aux pavés.
Le chaos d'un cheval sans maître, sans
Dieu vous a fait sursauter.
Je vous ai recueilli au hasard de
Mes lignes. Sur un volet de bois, j'ai
Retrouvé un cil et peut-être plus
Loin, je vous ai relâché.
Vous avez erré ce soir sur un quai de
Minuit, solitude vous avez sombré.

(tiré du recueil de poèmes « Paysages », 2000)
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# Posted on Sunday, 22 June 2008 at 2:03 PM

LA ROBE A FLEURS

Elle a dit qu'elle la prenait. Qu'elle passerait ce soir régler le solde.
Je glisse la fiche "réservé" sur le cintre de la robe.
Et je regrettte amèrement l'absence d'une église de proximité, où j'aurais pu courir à l'heure de ma pause confesser tous les mensonges que je viens de débiter.

"Vous ne trouvez pas qu'elle me boudine un peu ?"
"Oh ! Pas du tout, madame, c'est la coupe qui est près du corps, je peux vous faire essayer la taille au-dessus si vous voulez. Ah, il ne m'en reste qu'une, c'est celle qui est sur le mannequin. Je peux défaire la vitrine, ça me ne dérange absolument pas, mais très franchement, vous allez y flotter !".
Mon Dieu, faites que ce soit une de ces clientes timides et timorées,de celles qui n'osent pas, celles qui ne veulent pas déranger ! Parce que, en vitrine, le modèle est taille 38, la boutique n'admet rien au-delà du 42, alors de là à lui trouver un 46...

Son corps est parfait pourtant : la femme est grande, les épaules larges soutiennent une belle poitrine, les hanches sont féminines,et ses longues jambes déliées s'unissent en fesses rondes et hautes.

" Et l'imprimé, toutes ces fleurs, quand même, à mon âge..."
"Comment ça, des fleurs à votre âge ? Justement madame, les fleurs sont un motif indémodable qui convient à toutes les générations.
Je vous aurais bien proposé la robe à rayures, mais je ne pense pas que ce soit votre style. Les rayures, c'est strict, ça casse la douceur féminine. D'ailleurs, les rayures, c'est typiquement masculin : un beau costume rayé, une cravate rayures Club, ça vous pose un homme."

En fait la moche rayée est nettement moins chère que la moche à fleurs, et on m'a bien dit lors du stage de vente "toujours proposer le plus coûteux, n'oubliez pas Hélène, votre commission en dépend".

Avec le 42 à fleurs, j'ai la moitié de mon loyer d'assuré.
N'empêche qu'il me manque, le prêtre qui d'un simple geste et d'une parole réconfortante m'absoudrait de ce péché quotidien !
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# Posted on Saturday, 14 June 2008 at 7:35 AM

Edited on Tuesday, 24 June 2008 at 7:23 AM