Je vous ai senti, comment dire, comme le parfum d'un rêve qui doucement pénètre la nuit, je vous ai senti envahir toutes mes vies antérieures et celles à venir, et votre odeur s'est faite jardin d'Eden.
Et puis après l'arôme subtil de votre être magique, je vous ai vu. Comme si vous m'attendiez, appuyé contre un arbre.Votre sourire s'offrait semblable à une chambre d'hôte où vous m'invitiez à me reposer.
Il est vrai que les après-midi pluvieuses sont propices aux rêveries mélancoliques et les apparitions magiques peuvent se réléver cruelles : la fée est en fait une sorcière, l'ange un vil démon. Mais rien de ces mirages sur votre visage, rien que ce sourire qui flottait comme une neige neuve au-dessus de la ville. Sourire-sésame pour mon âme en détresse.
Pour dire la vérité, je pense que ma mémoire me joue des tours et des détours, car le temps de chien que nous avions hier a certainement dilué certains aspects de notre rencontre.
Ce matin, à la lumière crue qui nous cueille au sortir du sommeil, j'ai l'impression que vous n'étiez qu'un rêve ; mais je vous promets d'en garder le secret.




