A LA REFLEXION...

A LA REFLEXION...
La réflexion est toujours difficile. S'il faut en parler sans réfléchir, le squelette de la pensée apparaît alors sans le moindre scrupule, nu et visionnaire. Il faut s'en éloigner, cette pensée indigeste que l'autre peut percevoir de façon agressive est à bannir.

Dimanche, c'est le jour du Seigneur : ouf ! On ne fait rien. Pas même réfléchir. Parce que là, tu te reposes, mec. Pas de voiture, pas de sport , pas d'idées. R.A.P. : rien à penser. Alors quoi ? Qu'est-ce qu'on fait ? Le langage s'insinue malgré tout, dans ta tête, même sans réflexion. Miroir, mon beau miroir, qu'y-a-t-il à comprendre ? Je suis perdue dans les circonvolutions de mon cerveau, la tête à l'envers et les pieds de travers.
Vite, aux emplettes ! Là, pas de réflexion, je vois, j'achète, je râle (le prix est toujours comme un temps de chien, ça fait chier). Voilà, après je rentre à la maison et je me couche. Sans rêves, sans cauchemars, sans réfléchir.

# Posté le vendredi 26 septembre 2008 16:17

POINT FINAL

Il est arrivé par l'océan, dans la nuit longue de janvier, sur des petites jambes frêles. Son regard mouillé rit comme des étoiles, et son premier cri sur le quai ressemble à son premier pleur. Il a laissé là-bas père et mère, et frères et soeurs, pour chercher ici un foyer de feu et de bois (nous, on parlerait bêtement d'usine).
Il espère en ce pays un avenir de lumière -la chaleur est restée de l'autre côté de l'horizon-, il espère grandir debout, le regard droit, et s'il doit tendre la main, que jamais ce ne soit pour l'aumône. Rien qu'une offrande, de lui à l'autre : un pont.
POINT FINAL

# Posté le lundi 22 septembre 2008 12:32

Modifié le mardi 23 septembre 2008 14:51

DERIVE

DERIVE
L'ancre a commencé à rouiller depuis longtemps déjà. Bientôt elle se décomposera, délivrant ton corps lourd prisonnier du quai, rejeté comme une bouteille au large. Maquillé de verdure mousseuse, tu vogueras au hasard des vents capricieux, tu cogneras contre des bouchons d'écume qui parfois s'ouvriront -bouches béantes prêtes à t'engloutir-. Le soleil dans l'histoire ne t'aidera pas. Il brûlera ta peau humide, griffée par les embruns sauvages. Seul persistera le rêve qui t'habite depuis tant d'années : qu'un balai sec et soyeux vienne caresser tes membres décharnés, fragiles comme du cristal.

# Posté le mercredi 10 septembre 2008 14:03

Modifié le mercredi 10 septembre 2008 17:11

LE REVE

La nuit se ferme dans mon rêve. Et la femme apparaît. Brune et longue, comme un secret enfoui sous les dunes. Elle vient vers moi par son regard, m'invite à la suivre jusqu'au seuil de cette fichue nuit.
Et je la suis.

Je pousse la porte entrouverte sur des vagues échevelées qui me transpercent le coeur. Je sens les gouttes d'océan s'infiltrer dans mon sang déjà vieux, décoloré et pourtant lourd. La femme est là, qui me regarde au-delà de ses paupières closes, je sais qu'elle me parle, sa bouche s'arrondit en baisers qui viennent mordre mon épaule. Le ciel s'évapore peu à peu, laissant juste un parfum de regret.
Mon épaule blessée par la femme qui m'aime laisse couler un peu plus de vie à chaque parole que je devine.
Je sens que la mort m'attend au réveil.

Je sais le mystère à présent.
LE REVE
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# Posté le samedi 06 septembre 2008 11:04

Modifié le jeudi 11 septembre 2008 08:15

NAISSANCE


Chères lectrices et chers lecteurs,

je reviens vers vous pour vous parler (vous écrire serait plus exact) de "L'ANDALOUSE".

C'est ainsi que j'ai choisi de nommer mon blog, sans aucune arrière-pensée, puisque vous le savez maintenant, je suis née à Malaga, capitale de l'Andalousie.
Parmi les célébrités natives de cette belle cité portuaire, j'ai déjà nommé Picasso, Antonio Banderas. J'y ajoute aujourd'hui la piquante Victoria Abril qui va régulièrement se ressourcer dans la maison familiale.
Peut-être un jour mon nom viendra compléter la liste !

En attendant, je vais vous raconter...

Il était une fois, vers le milieu du siècle dernier, une famille pas vraiment pauvre, mais pas franchement fortunée non plus, qui vivait dans une pension de famille. La pension était gérée par Abuela, ma grand-mère paternelle, qui en fait gérait tout. La famille dont il est question ici se composait d'une Maman toute jeune, d'un Papa travailleur et d'une petite fille de trois ans. Or voilà qu'un jour, contre toute attente, la Maman tomba enceinte à nouveau. La grossesse se déroula dans des torrents de larmes, la Maman craignant les tourments de la première et se demandant, tout comme le Papa, comment ils pourraient subvenir aux besoins d'une famille qui s'agrandissait !

Puis vint le jour de la délivrance. A la toute fin de l'été, aux prémices de l'automne, au petit matin, j'atterrissai.
Gros bébé joufflu, sans l'ombre d'un poil quelconque : ni cheveux, ni sourcils, ni cils. Les parents pensèrent même avoir donné naissance à un enfant albinos ! Quelques mois plus tard, un système pileux des plus clairs se mit en place. Les années passant, il s'imposa de façon déterminée, mettant à mal l'image stéréotypée de l'Andalouse : à la cascade de boucles brunes descendant jusqu'aux reins, au teint mat et aux yeux de braises, j'opposai des yeux bleu glacier, une peau blanche presque translucide et des cheveux "baguettes chinoises", longtemps portés courts (Maman espèrait que les multiples coupes fortifieraient et assoupliraient mes petits poils de rat...).

Une drôle d'Andalouse était née !
NAISSANCE

# Posté le lundi 14 juillet 2008 14:29

Modifié le lundi 21 juillet 2008 13:19