[Paris, la Tour Eiffel. Les Champs Elysées. Le Sacré-Coeur. Notre-Dame. La Seine.
Dans sa petite tête, les mots s'entrecroisent. Ses parents lui ont dressé un planning géographique de ce week-end à la capitale. Il sera respecté à la lettre, Papa ne laisse rien au hasard.
Elle s'est glissée dans l'aventure en posant son pied sur le bateau. Mouche, qu'ils l'appellent. Quelle drôle d'idée, comme s'il allait s'envoler ! Bateau-mouche : à son oreille déjà le nom sonne comme un personnage de conte, comme le prince-grenouille, la fée-fleur, l'ogre-loup. Le bourdonnement qu'elle perçoit vient plutôt des touristes-girouettes -babord-tribord-, en fonction de ce qu'énoncent les mini-écouteurs. Ils doivent faire une sacrée omelette derrière leurs yeux avec toutes ces images.
Elle, elle est le capitaine de vaisseau. Rien ne la distraira. Regard droit devant, elle se laisse engloutir par les eaux sages du vieux fleuve, éblouie par les diamants gris qui scintillent à la surface. Un petit vent de petite vitesse porte les senteurs d'un printemps précoce : la douceur des lilas tendres, le sucré d'un chèvrefeuille avancé, le musqué des roses aux jardins oubliés. Et puis l'odeur de l'eau, semblable à celle d'une cave humide qui lui monte au nez de façon si agressive qu'elle lui redescend dans la gorge. Elle goûte cette eau grise, un capitaine doit faire ami avec la mer.
Parfois, au milieu des petites perles qui s'étalent sous la coque, le reflet d'un monument célèbre. Elle entend son père lui en faire l'historique ; elle en fait son histoire. L'église à l'envers, c'est l'Atlantide qu'elle vient de découvrir, elle glisse sur son royaume englouti, son univers secret caché aux incrédultes.
Et voilà que les gens se lèvent, se bousculent pour descendre, se dépêchent d'aller voir ailleurs. Sa mère lui prend la main, la tire :
-vite, dépêche-toi, le musée Grévin ferme dans une heure !
Dans sa petite tête, les mots s'entrecroisent. Ses parents lui ont dressé un planning géographique de ce week-end à la capitale. Il sera respecté à la lettre, Papa ne laisse rien au hasard.
Elle s'est glissée dans l'aventure en posant son pied sur le bateau. Mouche, qu'ils l'appellent. Quelle drôle d'idée, comme s'il allait s'envoler ! Bateau-mouche : à son oreille déjà le nom sonne comme un personnage de conte, comme le prince-grenouille, la fée-fleur, l'ogre-loup. Le bourdonnement qu'elle perçoit vient plutôt des touristes-girouettes -babord-tribord-, en fonction de ce qu'énoncent les mini-écouteurs. Ils doivent faire une sacrée omelette derrière leurs yeux avec toutes ces images.
Elle, elle est le capitaine de vaisseau. Rien ne la distraira. Regard droit devant, elle se laisse engloutir par les eaux sages du vieux fleuve, éblouie par les diamants gris qui scintillent à la surface. Un petit vent de petite vitesse porte les senteurs d'un printemps précoce : la douceur des lilas tendres, le sucré d'un chèvrefeuille avancé, le musqué des roses aux jardins oubliés. Et puis l'odeur de l'eau, semblable à celle d'une cave humide qui lui monte au nez de façon si agressive qu'elle lui redescend dans la gorge. Elle goûte cette eau grise, un capitaine doit faire ami avec la mer.
Parfois, au milieu des petites perles qui s'étalent sous la coque, le reflet d'un monument célèbre. Elle entend son père lui en faire l'historique ; elle en fait son histoire. L'église à l'envers, c'est l'Atlantide qu'elle vient de découvrir, elle glisse sur son royaume englouti, son univers secret caché aux incrédultes.
Et voilà que les gens se lèvent, se bousculent pour descendre, se dépêchent d'aller voir ailleurs. Sa mère lui prend la main, la tire :
-vite, dépêche-toi, le musée Grévin ferme dans une heure !




