C'EST LE JOUR ET LA NUIT

C'EST LE JOUR ET LA NUIT
C'est le jour et la nuit
Quand tu es apparue
Longue et nue
Tu as bu la lumière
Dessiné les étoiles
Et toutes mes prières
Ont alors mis les voiles
Parce qu'à toi seule
Tu emplis tout
Là où mes yeux se posent
Et là où ils n'osent
C'est un pays de fous
Et tu y règnes seule

C'est le jour où je suis né
C'est la nuit je t'ai aimé
Papillon palpitant
Au creux de mon secret
Tu es celle que je voulais
Que je porte en dedans

C'est le jour et la nuit
Les contraires les aimants
C'est le soleil qui luit
Comme une lune pour les amants

C'est le jour et la nuit
Parce que rien jamais ne cesse
Le monde tourne et continue
Et que ma main sur ta fesse
Brûle d'aller plus loin
De boire tes chagrins
Et ton âme ténue

C'est le jour et la nuit
Ciel fardé d'illusions lumineuses
Tu es mon jour et ma nuit
Je te ferai heureuse
Oublie ma main
Ferme mes yeux
Pense que demain nous serons deux
De ceux-là qui s'enlacent
Et avancent d'un même pas
Tous les jours d'une vie
Toutes les nuits d'une autre.

# Posté le mercredi 04 mars 2009 16:32

Modifié le mercredi 04 mars 2009 16:53

LUCIDITE

LUCIDITE

Lucie dit « thé »
Et te voilà à en faire
Thé à la menthe thé vert

Vite de l'eau à bouillir
Pour voir Lucie te sourire

Lucie dit « thé »
Et tu vois tout
Tout d'un coup
C'est grand, c'est blanc, c'est clair
Comme un trop-plein de lumière

Lucie dit « thé »
Et la saveur douce amère
Du breuvage requis
Te désespère
D'être l'ami

Parce qu'à sa théorie
Tu opposes le théorème
Si j'aime Lucie
Est-ce que Lucie m'aime ?

# Posté le mercredi 04 mars 2009 16:16

Modifié le mercredi 04 mars 2009 16:26

QUI SAIT SI...

QUI SAIT SI...
Qui sait si la ville ensevelie sous ce manteau était toujours la même ou si on l'avait changée contre une autre durant la nuit ? Qui ? Elle, bien évidemment, la gamine au sourire édenté qui passait ses jours à mendier en chantant des mélodies tziganes. Oui, la petite Alma savait, et pour cause : avec tous les petits sous récoltés pendant deux ans, elle avait joué au Monopoly et gagnant coup sur coup hôtels et grands boulevards, elle s'était amusée à redessiner la ville ! Elle attendrait patiemment le dégel pour surprendre les regards affolés, les cris de stupeur de tous ces braves gens de si peu de foi ! Parce qu'elle leur avait dit pourtant, en bonne diseuse de bonne aventure, qu'elle changerait leur vie !

Qui sait s'il y avait encore sous ces monticules de neiges les postes d'essence, les kiosques à journaux, les arrêts des trams, ou s'il n'y avait rien que des sacs et des sacs de neige ?
C'est la curiosisté. Je vous le jure, messieurs les jurés, c'est uniquement la curiosité qui m'a poussé.Je ne cherchais qu'à savoir ce qu'il y avait dessous, jamais je n'ai voulu piller le trésor. J'ignorais tout de ces joyaux perlés, des kilomètres de dentelles, des sacs de cocaïne, des âmes vierges, des bombes de chantilly et des blancs d'oeufs.
j'ai juste creusé un peu pour voir si là-dessous il y avait encore l'arrêt du 26 -c'est celui que je prends pour aller travailler- et si Bébert était à son kiosque -son bonjour matinal fait partie de mon protocole quotidien ! Je ne savais pas, je le jure, ce qui s'y cachait !

# Posté le jeudi 05 février 2009 06:08

Modifié le dimanche 01 mars 2009 10:48

MERCI !




Aux visiteurs anonymes, aux promeneurs discrets, aux lecteurs réguliers, aux amies fidèles et aux bons copains.
Merci à vous qui passez par ici ; vos regards donnent vie à mes écrits et vos avis me sont chers.
MERCI !

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 07:19

Modifié le dimanche 01 mars 2009 10:43

YASMINA

YASMINA


On était venu la parer pour la nuit. Encore une fois, la favorite.
Elle se laissait baigner dans l'eau précieuse, peigner avec douceur, maquiller d'éclatantes couleurs, elle se laissait enduire d'onguents parfumés, vêtir d'étoffes rares.
La première, la préférée.
Combien de nuits encore serait-elle privilégiée ? Combien de jours à attendre le choix, à redouter le verdict éphémère ? Elle souhaitait pourtant n'être qu'une femme... Non, pas une femme car même sans joliesse, surtout sans attraits, une femme resterait une esclave.

Elle serait un homme ! Elle choisirait de faire (ou pas) l'amour, elle serait au gouvernail de son corps, elle le laisserait envahir par la gangrène des poils : ils lui pousseraient partout, sur le visage surtout, ils balafreraients son sourire lisse et imposé.
Peu importe que ses jambes soient longues et nerveuses, l'homme de toute façon aurait la force.
Ce n'était pas sa beauté qu'elle crachait si loin, c'était le pouvoir qu'elle appelait sans fin, avec raison.
Elle serait l'homme le plus laid du royaume, le plus puissant, le plus aimable aussi. Il aurait des enfants -enfin elle connaîtrait ce bonheur sans la souffrance-. Il aurait de jolies femmes, mais souvent il choisirait parmi les plus humbles, suivantes éthérées, filles apeurées qu'il calmerait d'une main posée sur l'épaule, d'un mot chanté à l'oreille.
Et si l'homme était tel, alors elle voulait être la simple fille, juste pour entendre le mot magique...

Prête enfin, elle se tenait debout près de la fontaine, quelques fleurs de jasmin froissées entre ses doigts.
Orgueil ou vanité : ne valait-il pas mieux être de ce jasmin odorant ? Elle vivrait tout en quelques instants, deux ou trois nuits si le vent se faisait doux. Elle profiterait de sa chair sucrée, sentirait sa puissance face à celui qui devrait se courber pour la respirer, exhalerait son parfum à qui la cueillerait, et puis FIN
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# Posté le mercredi 14 janvier 2009 07:00

Modifié le mercredi 14 janvier 2009 07:12