LE CONTE DU CHANTIER

LE CONTE DU CHANTIER
On se souvient de l'architecte. Les réunions de chantier interminables, les palabres, les coups de poing sur la table, les portes qui claquent. Mais M. Damiani a la réputation de mener à terme tout ce qu'il entreprend. Les grimaces des uns et les discours des autres ne l'affectent nullement. Alors le grand chantier de la ville-vie a commencé.

Il a d'abord fallu ouvrir les digues afin que la mer lave à grande eau les caniveaux-dortoirs où gisait depuis des lustres toute la violence-pauvre.
Les trottoirs ainsi dégagés, l'avenue-église s'est érigée spontanément, comme si elle attendait depuis toujours tapie sous le macadam urbain. Toute la ville s'est retrouvée auréolée d'une lumière-mensonge, soleil factice mais chaud comme un vrai. Les anciens remparts ont laissé place à un luxuriant parc-porte, où se mêlent en une improbable orgie essences rares, délicats bambous, érotiques orchidées et baobabs centenaires.
Cette curieuse disposition invite tout naturellement aux aventures-miel qui dégoulinent de la rocade-pont. Les murs sont revêtus de beurre-évasion, afin que nul voleur n'adhère aux maisons, et laissant la merveilleuse possibilité aux habitants de glisser dans leur ville de rêve. Les fenêtres abritent des crèches-pigeons, refuges pour les petits enfants ailés que certains se sont empressés de baptiser "anges", à cause de leur chevelure-stupidité (tant il est vrai que croquer dans un petit beignet fourré d'angélique vous dessinent instantanément un sourire niais).

Le chantier terminé, M. Damiani est reparti, laissant sa ville visionnaire respirer au souffle tranquille d'une nuit qui ne dure jamais plus d'une heure.
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# Posted on Saturday, 04 April 2009 at 5:14 AM

Edited on Saturday, 04 April 2009 at 5:29 AM

LE CARROUSEL

LE CARROUSEL
Merci mon ange, merci de penser à moi, même loin, même si Londres n'est que la banlieue de Paris, même si la ville de nos plaisirs se cache sous le brouillard et la pluie.
Merci mon ange, et pardonne-moi : j'ignorais à quel point je t'avais tourné la tête.

Mais dans ce manège, qui court après qui ? Je reviendrai à Londres, le prochain week-end, dernier du mois, notre rendez-vous perpétuel. Nous irons faire du cheval dans la campagne alentour et là, mon ange, tu verras : je casserai la ronde du manège, je t'aurais rattrapé, je fermerai ta bouche avec la mienne, je ferai sourire ton visage, et je calerai ta tête dans mon cou, juste là où bat mon coeur.

Je te promets que l'enfer de notre amour deviendra blanc, et que s'il pleut encore sur Londres, il ne pleuvra plus dans tes yeux.

# Posted on Thursday, 26 March 2009 at 9:34 AM

OBSESSION, sion, sion, sion...

Sa passion pour le blond lui valut bien des frictions avec ses parents. Mais aucune objection ne la fit fléchir : ni les interdictions formelles, ni la ration de gifles qui lui échancrèrent la dentition.
Elle mit ça sur le compte des différences de générations, et pleine de détermination, alla acheter une décoloration. A la réflexion, ce n'était pas tant le blond qu'elle aimait, mais plutôt l'idée d'être "une blonde". Depuis trois mois, elle prenait des cours de diction pour capter l'inflexion lascive, la respiration soupirée, la mastication des syllabes traînantes.
Toute investie de sa mission, elle fit une génuflexion devant le flacon magique, sa potion miracle. L"émulsion du produit sur sa chevelure était comme une bénédiction mousseuse. En totale soumission à son désir, elle fit de la fiction sa réalité. Transformation de l'obsesssion, réalisation de sa provocation, elle avait enfin droit à l'appellation !

Nota : je précise que je n'ai rien contre les blondes (moi-même suis une ex-vraie blonde)

Tout n'est que fiction avec, pour mission, la création !!!
OBSESSION, sion, sion, sion...

# Posted on Tuesday, 24 March 2009 at 6:20 AM

Edited on Tuesday, 24 March 2009 at 9:19 AM

NOUVEAUX POINTS DE VENTE

NOUVEAUX POINTS DE VENTE
De nouvelles librairies accompagnent l'aventure du "vingt-trois" :

LIBRAIRIE DU LYCEE
57 rue de Paris
91400 ORSAY
01.69.28.41.44

LA LIBRAIRIE DES SIGNES
17 rue Pierre Sauvage
60200COMPIEGNE
03.44.38.10.18

et toujours :

LA CIVETTE DE VILLEBON
46 avenue du Général de Gaulle
91140 VILLEBON SUR YVETTE
01.60.10.78.47

LA FONTAINE AUX LIVRES

4 rue Voltaire
91120 PALAISEAU
01.69.41.82.99

LIRAGIF
15 square de la mairie
91190 GIF SUR YVETTE
01.69.07.78.04

LA VOIX AU CHAPITRE
59 rue du Général de Gaulle
91440 BURES SUR YVETTE
01.69.07.36.66

# Posted on Tuesday, 10 March 2009 at 2:13 PM

Edited on Tuesday, 10 March 2009 at 2:40 PM

L'EFFET MERE

L'EFFET MERE
"Alors la citrouille se transforma en..."
A partir de là, il est clair que l'enfant dort depuis un bon bout. Le souffle régulier altère à peine le silence blanc de la chambre.
Tu peux te taire aussi. Les yeux fermés, il s'est retiré dans son monde, il t'a congédié, il t'a retiré tes pouvoirs magiques. Plus rien de la jolie princesse ou de la vilaine sorcière, de "fée" tu es passée à "éphémère".

Au début, tu es son tout, vie et ce qui s'ensuit pour survivre. Et puis, parce que tu es une bonne mère et que tu l'élèves merveilleusement bien, le petit prend : du poids, de la vivacité, de l'intelligence, de l'indépendance. Il a senti ce qu'il peut tirer de toi !

Cris, colères, caresses, ça te crisse dans les oreilles, ça te crispe le sourire.

Patience, ma belle. Pour toi aussi, c'est le début

# Posted on Sunday, 08 March 2009 at 1:11 PM