Ils t'ont dit « t'es beau", et t'y as cru, grand fou ! Beau, c'est quoi ? Toi t'es qu'un gros tas plein de gras, un mur qui se troue, un stock de briques où t'as mis ton âme.
Lourds, tes yeux ont le poids de tes pas, tes pas font le bruit de tes pleurs. A l'heure du soir, des gens crient dans la rue des mots que tu noies dans tes poings. Sous leur nez, ton c½ur fait tam-tam, tes pieds font stop net.
Ta main a pris le pli : deux doigts pour « oui », un seul pour « non ». Mais tu dis peu, les creux sont pour toi. Rien c'est tout pour toi. Pour toi grand fou. Grand, pas tant que ça : t'es qu'un cil de plomb posé dans la cour des grands, un bout de roc sur le sol du temps. De la tour de guet, on ne voit qu'un sac de n½ud, un puits sans fond, champ sans chant. Fou du roi, à ce jeu t'es mat.
Tu fais peur aux chats, aux chiens, et au mec là-haut qui te voit en bas, corps de bric et de broc. Cent fois on te l'a dit, t'es pas du clan, tu te croies grand loup noir, t'es qu'un chat gris hué !
Bol d'air, vent du nord, coup de froid. Le port n'est pas loin.
T'es pas grand, mais fou, si, un peu : on t'a vu sur le dos d'un ver, on t'a vu un verre à la main, et puis la main dans le sac ; et sur le dos de ta main un vers peint en bleu que tu lis du bout des doigts.
On te dit beau ? Les mots sont à l'encre ou à la craie ? Les blancs s'en vont, seuls les noirs sont vrais ! C'est ce qu'on dit, hein, mais dans ton cas ?
Qu'est-ce que tu crois ? T'es qu'un Black, Jack, pas un king, et t'as rien d'un as !
Tu es si las ... Sept mois ? Sept ans ? La peur broie les jours, elle en fait de la suie.
Il se fait tard. Un pont tend ses fils d'or vers le temps blanc. Le miel de ta voix prend le ton du gris.
Le jour vient où tu perds ton sang et la nuit ose plus loin. Coups, choc, croix : la loi de Dieu. T'es mort mec, tant pis pour toi. Fin.
P.S. : t'es très beau quand il pleut : ta peau luit et ton sang fait des ronds sur les rails du temps.
Lourds, tes yeux ont le poids de tes pas, tes pas font le bruit de tes pleurs. A l'heure du soir, des gens crient dans la rue des mots que tu noies dans tes poings. Sous leur nez, ton c½ur fait tam-tam, tes pieds font stop net.
Ta main a pris le pli : deux doigts pour « oui », un seul pour « non ». Mais tu dis peu, les creux sont pour toi. Rien c'est tout pour toi. Pour toi grand fou. Grand, pas tant que ça : t'es qu'un cil de plomb posé dans la cour des grands, un bout de roc sur le sol du temps. De la tour de guet, on ne voit qu'un sac de n½ud, un puits sans fond, champ sans chant. Fou du roi, à ce jeu t'es mat.
Tu fais peur aux chats, aux chiens, et au mec là-haut qui te voit en bas, corps de bric et de broc. Cent fois on te l'a dit, t'es pas du clan, tu te croies grand loup noir, t'es qu'un chat gris hué !
Bol d'air, vent du nord, coup de froid. Le port n'est pas loin.
T'es pas grand, mais fou, si, un peu : on t'a vu sur le dos d'un ver, on t'a vu un verre à la main, et puis la main dans le sac ; et sur le dos de ta main un vers peint en bleu que tu lis du bout des doigts.
On te dit beau ? Les mots sont à l'encre ou à la craie ? Les blancs s'en vont, seuls les noirs sont vrais ! C'est ce qu'on dit, hein, mais dans ton cas ?
Qu'est-ce que tu crois ? T'es qu'un Black, Jack, pas un king, et t'as rien d'un as !
Tu es si las ... Sept mois ? Sept ans ? La peur broie les jours, elle en fait de la suie.
Il se fait tard. Un pont tend ses fils d'or vers le temps blanc. Le miel de ta voix prend le ton du gris.
Le jour vient où tu perds ton sang et la nuit ose plus loin. Coups, choc, croix : la loi de Dieu. T'es mort mec, tant pis pour toi. Fin.
P.S. : t'es très beau quand il pleut : ta peau luit et ton sang fait des ronds sur les rails du temps.



